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Lipoedème : quels sont les stades et quelle compression choisir ?

Lipoedème : quels sont les stades et quelle compression choisir ?

Lipoedème : quels sont les stades et quelle compression choisir ?
Par Anne Ollivier, orthopédiste-orthésiste


Vous venez de recevoir un diagnostic de lipoedème, ou vous suspectez en souffrir depuis des années sans avoir eu de réponse claire. C'est l'une des situations les plus fréquentes que je rencontre en cabinet : des femmes qui ont longtemps cru à un simple problème de poids ou de cellulite, et qui découvrent enfin un nom à ce qu'elles vivent. La première question qui suit, presque toujours, est la même : à quel stade en suis-je, et quelle compression dois-je porter ?
Le lipoedème, en bref
Le lipoedème est un trouble chronique de la répartition des graisses, qui touche presque exclusivement les femmes. Il se manifeste par une accumulation disproportionnée de tissu adipeux, le plus souvent au niveau des jambes, des hanches ou des bras, accompagnée de douleurs, d'une sensibilité au toucher et d'une tendance aux ecchymoses. Contrairement à une prise de poids classique, ce tissu ne répond pas au régime ni à l'exercice physique seul.
Le diagnostic reste avant tout clinique : il n'existe pas de prise de sang spécifique, et seul un examen par un professionnel expérimenté permet de poser un diagnostic fiable, en distinguant le lipoedème d'un lymphoedème ou d'une simple obésité.
Comprendre les stades du lipoedème
La classification en trois stades, établie en Allemagne en 2015, reste la plus utilisée aujourd'hui. Elle décrit l'évolution de l'aspect des tissus, pas l'intensité de la douleur : on peut tout à fait avoir un stade 1 très douloureux, ou un stade 3 avec relativement peu de gêne. C'est un point essentiel à comprendre avant de se comparer à d'autres patientes.
Stade 1
La peau reste lisse en surface, mais le tissu sous-cutané est déjà épaissi de façon homogène. C'est le stade le plus souvent confondu avec de la cellulite ou un simple excès de poids, ce qui retarde fréquemment le diagnostic.
Stade 2
Des irrégularités apparaissent à la surface de la peau, qui peut prendre un aspect capitonné. Les nodules graisseux deviennent palpables, parfois douloureux à la pression.
Stade 3
Les tissus deviennent plus durs et déformés, avec parfois la formation de lobes graisseux volumineux. Les sociétés médicales rappellent toutefois qu'une indication de traitement, y compris chirurgical, ne se base jamais sur le seul stade, mais sur l'ensemble des symptômes : douleur, gêne fonctionnelle et qualité de vie.
Quelle compression pour quel besoin ?
C'est ici que je vois le plus de confusion chez mes patientes, parfois entretenue par des informations contradictoires trouvées en ligne. La réalité est plus nuancée qu'un simple tableau stade-compression.
Selon l'Assurance Maladie, la compression recommandée pour le lipoedème se situe en classe 2 ou en classe 3, le choix dépendant du soulagement des symptômes obtenu et de la tolérance de la patiente, et non uniquement du stade visuel de la maladie. Cette compression est habituellement prescrite par un médecin, puis réalisée sur mesure par un orthésiste habitué à ce type d'appareillage, à partir d'un nombre de points de mesure suffisant pour garantir un appareillage précis.
Un point de vigilance souvent ignoré : les normes de classe de compression varient selon les pays. Une classe 3 française ne correspond pas exactement à une classe 3 allemande, et certaines marques utilisent l'une ou l'autre norme. Le repère fiable reste toujours la pression réelle exprimée en mmHg, indiquée sur la fiche produit, plutôt que le seul numéro de classe.
Pour les patientes qui démarrent la compression, une période d'adaptation progressive est généralement nécessaire avant d'envisager, si besoin, une classe supérieure. Aller trop vite peut décourager une patiente qui aurait pu, avec le temps, bien tolérer une compression plus forte.
Le type de maille : un critère aussi important que la classe
Pour le lipoedème, on privilégie en général une maille plate, ou tricot rectiligne, plutôt qu'une maille circulaire classique. Cette structure répartit la pression de façon plus homogène sur des tissus souvent irréguliers, et limite le risque de striction ou de zones de compression inégale, particulièrement sensible sur cette pathologie.
Compression et chirurgie : deux approches complémentaires, pas concurrentes
La liposuccion adaptée au lipoedème peut être discutée dans certaines situations, notamment lorsque la gêne fonctionnelle ou la douleur deviennent importantes. Mais elle ne remplace pas la compression : même après une intervention, le port de vêtements compressifs reste recommandé pour stabiliser durablement le résultat et limiter la récidive de l'œdème. Les deux approches se complètent, elles ne s'opposent pas.
Le coût, une réalité qu'il faut anticiper
Le lipoedème n'est aujourd'hui pas reconnu comme affection de longue durée en France, ce qui signifie que la plupart des dépenses associées restent à la charge de la patiente : compression sur mesure renouvelée régulièrement, séances de drainage lymphatique manuel, et éventuelle chirurgie si elle est indiquée. C'est une donnée importante à intégrer dans la réflexion sur le parcours de soin, et une des raisons pour lesquelles je recommande aussi des solutions d'entretien à domicile, en complément du suivi médical.
Mon conseil de praticienne
Ne vous fiez jamais à un tableau générique trouvé en ligne pour déterminer votre classe de compression. Le bon choix dépend de votre stade, mais aussi de votre tolérance, de la zone concernée et de votre quotidien. C'est pour cette raison que je recommande systématiquement un avis médical avant l'achat d'une compression, et que je propose un conseil personnalisé sur chaque produit du site.
Vous venez d'être diagnostiquée et ne savez pas par où commencer ? Appelez-nous ou prenez rendez-vous à Ollioules : nous prenons le temps de comprendre votre situation avant toute recommandation.

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